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« Pigistes, nous avons créé notre propre employeur »

Publié par Club de la Presse Centre - Val de Loire le 22/04/2015

Invité de l'apéro pigistes de Tours du 30 mars dernier, Morgan Railane, fondateur de Capresse, est venu présenter cette agence innovante se voulant au service de ses membres, tous journalistes pigistes.

 Été 2009. Morgan Railane, journaliste indépendant spécialisé dans l'économie, s'interroge avec plusieurs confrères, également pigistes. Tous ont des problèmes de facturation et de paiement avec les médias auxquels ils collaborent. « Comment continuer à être payés en tant que journalistes ? Comment garder nos collaborations en maintenant notre statut, dans le cadre de la convention collective des journalistes, avec carte de presse et abattement fiscal ? Face à ces questions, nous avons eu une idée : devenir notre propre employeur. »

 Morgan et ses amis fondent alors Capresse (Channel Agence de presse) dans le Pas-de-Calais, une agence coopérative de journalistes free-lance. « Une SCOP (1) pour la transparence, et la dilution complète du pouvoir, note Morgan Railane. Notre entité juridique est une SARL Scop. Capresse est une agence de presse qui vend des contenus et rémunère ses journalistes en salaires. »

Selon la loi Cressart de 1974, « toute convention par laquelle une entreprise de presse s'assure moyennant rémunération le concours d'un journaliste professionnel est présumée être un contrat de travail. »

 Capresse contourne ce principe de la loi Cressart. « La lame de fond contre cette loi ne cessera pas. Il existe aujourd'hui des milliers de journalistes autoentrepreneurs. Certains de nos salariés l'étaient auparavant et nous ont rejoints », commente Morgan Railane.

 Aujourd'hui Capresse affiche un réseau de 80 journalistes pigistes dans une dizaine de régions de France et à l'étranger (Belgique, Royaume-Uni, Suisse, Italie). Leurs champs d'activité : presse économique, presse santé, presse jeunesse, PQR, télévision locale, publications de collectivités locales...

La force de Capresse selon Morgan Railane : « être une entreprise qui négocie ses tarifs avec une entreprise de presse. Le journaliste pigiste peut avoir la tentation de brader son sujet tant il veut le vendre. Capresse elle est une agence qui vend un sujet à un média, et notre interlocuteur sait que nous prenons une marge. Nous majorons les prix car les charges sont en HT. »

 Selon le fondateur de Capresse, sur un article facturé de 220 € HT, le journaliste touche en net 100 €. « Les télés locales paient 70 € bruts le journée, nous nous proposons 98 € bruts pour un JRI. Nous payons au mois écoulé, avec l'ancienneté, et nous réfléchissons à la création d'une mutuelle ». Le fonctionnement de Capresse est proche du portage salarial, avec une commission de 10 % « que nous espérons faire baisser. »

Le journaliste membre de Capresse peut devenir sociétaire (16 € la part sociale) et ainsi toucher des dividendes. « Nous comblons un besoin et nous sommes redistributifs, déclare Morgan Railane. Le CA de l'agence a été 85 600 € en 2014. Nos frais fixes concernent le bail de notre local, notre comptable et notre avocat qui nous indique ce qui est légal ou pas. »

 Mais Capresse va évoluer et ses charges fixes aussi. Morgan Railane, actuellement « gérant bénévole » pourrait se salarier si l'agence déroche un gros marché avec une télé locale. Un demi-poste de commerciale est en cours de création. « Nous voulons être prescripteurs de contenus auprès des médias. Et si tous les pigistes d'une région sont chez nous, cela aura un effet sur les tarifs. » Un autre poste à temps partiel est envisagé pour gérer le site Internet de Capresse et sa présence sur les réseaux sociaux. Capresse a par ailleurs des petites sœurs, une agence de communication, une société de production, une coopérative de formation, sans oublier une maison d'édition fondée par l'un de ses membres.

 

 

Ingrid Proust – 14 avril 2015

  

1) la Société Coopérative Ouvrière de Production est une entité juridique où chaque salarié possède une voix au CA.